La grêle sur olivier
Le climat méditerranéen se caractérise par une irrégularité spatio-temporelle de la pluviométrie exacerbée par le changement climatique. Dans ce contexte, les orages peuvent donner lieu à de forts cumuls de pluie en peu de temps, de fortes rafales de vent et de grêle, qualifiée d’aléa climatique. Autrefois ponctuels, ces phénomènes imprévisibles peuvent causer en quelques minutes seulement, des dégâts impactant directement la production future.
Symptômes et dommages de la grêle
Les dégâts causés par la grêle sont variables et l’intensité d’une averse dépend de plusieurs paramètres :
- le diamètre des grêlons et leur masse qui détermine la vitesse de la chute
- la durée de l’averse
- le stade phénologique de la culture : une averse de faible intensité peut avoir des conséquences importantes pour des cultures proches de la récolte
- la présence de vent lors de l’averse peut également être un facteur aggravant, en précipitant les grêlons avec un angle plus ou moins important par rapport à la verticale et augmentant ainsi la surface végétative potentiellement touchée par la grêle.
La grêle cause non seulement des dégâts directs mais aussi indirects.
Sur une oliveraie, les dégâts directs peuvent être divers :
- sur les feuilles : elles peuvent présenter des trous, des déchirures et parfois être totalement déchiquetées voire se désolidariser de la branche et joncher le sol
- les rameaux peuvent également présenter des impacts avec des lésions nécrotiques, voire se casser.
Selon l’époque, les divers stades d’organes de production peuvent être touchés :
- les fleurs peuvent être brisées et devenir improductives
- les olives peuvent présenter des impacts sous formes de ponctuations dépressives brunâtres nécrosées, voire chuter au sol.
De dommages mineurs, l’impact d’un épisode de grêle peut aller jusqu’à la destruction totale de la récolte.
Tous ces dégâts peuvent être accentués par des dégâts indirects. En effet, les surfaces touchées photosynthétiques se couvrent de microlésions qui deviennent des portes d’entrée idéales pour des pathogènes opportunistes. Citons le développement de maladies cryptogamiques ou bactériennes favorisé en conditions humides par les blessures sur le bois (cas de la bactériose Pseudomonas savanastoi), sur le feuillage comme l’œil de paon (Spilocaea oleaginea = Cycloconium oleaginum) et sur le fruit comme l’anthracnose (Colletotrichum gloeosporioides = Gloeosporium olivarum). De plus, en endommageant l’épiderme du fruit, la microflore présente sur la pruine peut déclencher des réactions chimiques responsables de diverses altérations telles qu’une augmentation de l’acidité de l’huile ou la formation de substances indésirables.
Que faire après une averse de grêle sur olivier ?
Si l’aléa a lieu en début de saison et si les dégâts sont considérables il est possible d’effectuer une taille pour enlever le bois blessé et favoriser une repousse saine pouvant servir de support de production à la prochaine récolte N+1.
Par ailleurs un traitement avec un fongicide de contact est préconisé pour protéger le végétal contre les potentielles contaminations bactériennes ou de spores de champignons projetées par les éclaboussures de la grêle sur les blessures. L’application de produits à base de cuivre, généralement dans les 24 à 48h après l’épisode de grêle, peut contribuer à minimiser les dommages et désinfecter les blessures. Cependant le meilleur allié de l’oléiculteur reste la météo : un temps chaud et sec post-grêle stoppera le développement des pathogènes.
Si les chutes de grêle sont tardives, il est préconisé d’accompagner la récolte qui reste sur l’arbre jusqu’à la fin, le rendement final n’étant pas figé. En effet, l’olivier a cette capacité de compenser la perte de fruits par une augmentation de calibres sur ceux qui restent, à condition qu’il ait à disposition eau et nutriments pour poursuivre l’évolution des olives.
Dans de grands pays producteurs oléicoles, des engrais foliaires sont préconisés pour aider la plante à surmonter le stress causé par les dégâts et à régénérer tous les tissus endommagés, à base d’acides aminés, azotes, algues, sucres réducteurs et vitamines.
Comment se protéger contre un orage de grêle ?
Actuellement en oléiculture les protections utilisées en arboriculture de type filets paragrêle ne sont pas utilisés. Il existe d’autres moyens de type canons anti-grêle ou fusées paragrêle mais qui, outre leur dangerosité, ont une efficacité très aléatoire.
Pour les professionnels, la souscription à des assurances « dommage grêle » représente un moyen de limiter l’incidence économique d’un épisode dévastateur et de préserver la rentabilité de l’exploitation.